Petite biographie de Daniel Buren

Peintre et sculpteur français, Daniel Buren est né en 1938 à Boulogne-Billancourt. Il a réalisé dans le monde entier des centaines d’œuvres in situ qui mettent en valeur, soulignent ou contrarient les caractéristiques des lieux qui l’accueillent. Son travail soulève un ensemble de questions liées à la perception, la couleur, l’architecture ou les relations spatiales ; et les réponses sollicitent la sensibilité et la réflexion du spectateur. Son art envahit l’espace pour en révéler les limites à la fois spatiales, institutionnelles et esthétiques. Il renouvelle véritablement le rapport entre le spectateur, le lieu et son œuvre.

daniel buren

Daniel Buren lors du Festival International du Livre d’Art et du Film (FILAF), Perpignan, 2014

image : wikipedia

De 1957 à 1960, Daniel Buren étudie à l’école des Métiers d’Arts, puis fréquente brièvement l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts. Au début de son parcours il entreprend de multiples expérimentations sur la peinture, la sculpture et le cinéma. Dans un souci d’économie de moyens, il s’oriente rapidement vers une neutralisation du contenu illusionniste de la peinture et une absence de narration qui sont au cœur de sa démarche artistique.

En septembre 1965, Daniel Buren déniche au marché Saint-Pierre à Paris, une toile de store rayée dont les composantes deviendront dès lors le squelette de son vocabulaire artistique : une alternance de bandes blanches et colorées verticales. Le choix de ce motif produit industriellement répond tout à fait au désir d’objectivité de l’artiste, en lui permettant d’accentuer le caractère impersonnel de son travail. Dans la première partie de sa carrière, il se servira de cette toile comme support, peignant des formes organiques et aléatoires en transparence.

En 1966, il crée avec d’autre artiste le groupe BMPT, fondant leur pratique commune sur la répétition systématique d’un même motif et la volonté de peindre chacun à leur façon le « dernier tableau ». Ce dispositif critique permet à Buren d’examiner les limites physique et politique de la peinture et du monde de l’art.

En faisant imprimer dès 1967 du papier rayé il effectue un glissement du tableau au papier peint, ce qui constitue une rupture fondamentale dans son œuvre. Buren s’affranchit du cadre et forge la notion d’in situ, caractéristique d’une pratique intimement liée aux spécificités topologiques et culturelles du lieu dans lequel il place ses bandes.

Cette prolifération de bandes rayées lui a porté préjudice en 1971 lors de la Ve exposition internationale du musée Guggenheim à New-York ; en effet Buren fut exclu pour avoir suspendu un tissu rayé de 200m², stigmatisant ainsi l’architecture de Franck L. Wright. L’année suivante il a tapissé de son papier peint les cimaises sur lesquelles étaient accrochées les œuvres des autres exposants.

Daniel Buren, Les deux plateaux, 1985-1986, installation marbres balcn et noirs, plan d'eau, Place royale, Paris

Daniel Buren, Les deux plateaux, travail in situ permanent, 1985-juillet 1986, marbres blancs et noirs, plan d’eau, Cours d’honneur du Palais royal, Paris, France

Image : www.danielburen.com

C’est en 1985 et 1986 que Buren réalise son œuvre la plus célèbre : « les deux plateaux » , installation in situ commandée par l’Etat pour la cour d’honneur du Palais Royal à Paris. Cette œuvre plus connue sous le nom de colonnes de Buren, a engendré une polémique nationale et a établi la notoriété de l’artiste avec la réception du Lion d’Or pour le prix du meilleur pavillon à la Biennale de Venise de 1986.

A partir de là, il va développer un travail d’avantage tridimensionnel, l’œuvre n’est plus simplement un objet mais une modulation de l’espace. La première « cabane éclatée » en 1975, a constituée un véritable tournant en accentuant encore sur l’interdépendance entre l’œuvre et le lieu qui l’abrite.

Daniel Buren, D'une Place l'autre : Placer, déplacer, ajuster, situer, transformer, travail in situ permanent, Avril 1994 -Août 1996, réalisé au rez-de-chaussée, Museum Boijmans van Beuningen, Rotterdam, Pays-bas

Daniel Buren, D’une Place l’autre : Placer, déplacer, ajuster, situer, transformer, travail in situ permanent, Avril 1994 -Août 1996, Museum Boijmans van Beuningen, Rotterdam, Pays-bas

image : www.danielburen.com

Depuis les années 90, la couleur est véritablement installée dans l’espace sous forme de filtres, de plaques de verre ou de plexiglas et non plus seulement appliquée en surface. L’œuvre est perçue comme éclatée et modulée ; cet effet est accentué par des jeux de miroirs incitant le spectateur à se déplacer pour vivre une expérience non seulement visuelle mais aussi corporelle.

 "excentrique(s)", in "Monumenta 2012", 9 mai -21 juin 2012, travail in situ, Grand Palais, Paris, France

Daniel Buren, « excentrique(s)« , in « Monumenta 2012« , 9 mai -21 juin 2012, travail in situ, Grand Palais, Paris, France

image : www.danielburen.com

Laetitia Grucy

Bordeaux Montaigne – M1 ROMAP

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